Cancers de l'œsophage

La France est le pays dans le monde où les cancers de l'œsophage sont les plus fréquents. Ceux-ci concernent principalement l'homme, et paraissent liés à l'alcoolisme. Cela explique que ces cancers soient particulièrement fréquents en Bretagne et en Basse Normandie. En dehors de l'alcoolisme, d'autres causes sont possibles, mais pour la plupart inconnus. Tel est le cas des cancers de l'œsophage très fréquents en Iran, au voisinage de la mer Caspienne, où plusieurs facteurs de cancérisation, dont l'ingestion de thé chaud, ont été incriminés.

1- Quel est le signe d'alarme ?

Le signe d'alarme essentiel est l'apparition chez un sujet apparemment bien portant, d'un blocage indolore du bol alimentaire (dysphagie) lors de sa descente dans l'œsophage. Ce trouble concerne d'abord les solides avant de s'étendre aux liquides. Il consiste en un arrêt transitoire du bol alimentaire, une fois qu'il a été dégluti, ou même parfois en cas de cancer haut situé, en une impossibilité à déglutir. Ce signe doit vous faire immédiatement consulter votre médecin traitant qui vous adressera aussitôt à un gastro-entérologue. Il ne faut en effet pas se contenter d'évoquer un spasme œsophagien lié au stress, et attendre que surviennent d'autres symptômes, beaucoup plus tardifs, tels que l'existence de régurgitation (les aliments remontent dans la bouche) ou d'un amaigrissement lié à vos difficultés d'alimentation.

2- Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic comprend deux étapes :

  1. la réalisation d'une radio de l'œsophage appelée transit oesogastrique, consiste à vous faire avaler un produit opaque (baryte), au moment où on prend la radio et
  2. la réalisation d'une fibroscopie oesogastrique. Celle-ci sera réalisée par votre gastroentérologue. Elle consiste à introduire par la bouche puis dans l'œsophage un tube souple muni d'un dispositif optique, permettant d'inspecter l'ensemble de la muqueuse oesophigène et gastrique. Cet examen est le plus souvent indolore. En mettant en évidence la lésion, et en précisant le siège par rapport à la bouche, il permet de réaliser plusieurs prélèvements biopsiques qui seront confiés à l'anatomopathologiste. Car comme pour tout cancer, seul ce dernier, après avoir analysé au microscope les fragments de tumeur prélevés, sera susceptible de porter le diagnostic.

3- Que faire, une fois le diagnostic porté ?

Une fois le diagnostic établi, votre gastro-entérologue précisera le siège de la tumeur et son extension, avant de vous confier si possible à un chirurgien.

3.1. Préciser le siège

La fibroscopie oesophagienne donne déjà des renseignements précieux, qui seront complétés par l'analyse minutieuse du transit oesogastrique et d'un scanner thoracique qu'il vous sera demandé de faire.

Il y a trois sièges possibles :

  • haut situé, le cancer ayant atteint le tiers supérieur de l'œsophage
  • moyennement situé, celui-ci siégeant au niveau du tiers moyen de l'œsophage
  • bas situé, celui-ci siégeant au niveau du tiers inférieur de l'œsophage, près de l'estomac, avec la possibilité qu'il atteigne déjà le cardia.

Préciser le siège de votre maladie est essentiel, car il commande à des explorations complémentaires (faire un examen ORL en cas de cancers haut situés, inspecter l'estomac en cas de cancers bas situés), et surtout permet de décider du type d'intervention que réalisera le chirurgien.

3.2. Préciser l'extension et le retentissement général de la maladie

L'extension locale sera mieux appréciée lors de la fibroscopie oesophagienne, surtout si celle-ci comporte une écho endoscopie, et aussi par l'analyse de la radio pulmonaire et du scanner thoracique. Quant à l'extension générale, elle s'apprécie essentiellement par la réalisation d'une échographie et d'un scanner abdominal, et le retentissement général, par la réalisation d'une prise de sang.

4- Quels sont les traitements possibles ?

Le traitement de base est la chirurgie qu'on combinera selon les cas avec la radiothérapie et/ou la chimiothérapie.

4.1. Chirurgie

La chirurgie est essentielle. C'est grâce à elle qu'existent des possibilités de guérison. Il s'agit le plus souvent d'une chirurgie lourde, et donc qu'il convient de réaliser en service de chirurgie digestive spécialisée, comportant des moyens de réanimation. C'est donc votre gastro-entérologue qui sera ici à même de vous conseiller au mieux.

La chirurgie consiste en effet en l'ablation complète de l'œsophage (oesophasectomie), qu'on compétera par l'ablation de la partie supérieure de l'estomac (gastrectomie polaire supérieure), en cas de cancer de l'œsophage bas situé. Cette intervention pourra être complétée par une chirurgie de reconstitution, visant à refaire un œsophage.

4.2. Traitements associés

En cas de cancers de l'œsophage haut situés, étant donné les difficultés de la chirurgie, il vous sera proposé le plus souvent d'emblée une radiothérapie, ou plutôt une radio-chimiothérapie, associant de façon simultanée, radiothérapie et chimiothérapie. En outre, dans les cas où la chirurgie aura été réalisée et où une atteinte ganglionnaire aura été décelée, il vous sera proposé une radiothérapie complémentaire post opératoire.

5- Que faire en cas de cancer évolué ?

Le plus souvent, la première étape consistera à remonter votre état général, grâce à une renutrition adaptée et à décider dans un second temps du meilleur traitement. Si la tumeur, en raison de son évolution locale est inopérable, une radiothérapie ou une radio-chimiothérapie devra vous être proposée, ou encore une chimiothérapie néo adjuvante, s'il est présumé que la chimiothérapie première puisse réduire suffisamment le volume tumoral, afin de vous rendre opérable dans un second temps, ou de vous irradier dans de meilleures conditions. En cas de tumeurs déjà métastasées, c'est dans tous les cas une telle attitude qu'il faudra adopter, en effectuant dès que possible la radiothérapie sur les masses tumorales résiduelles.

6- Existe-t-il pour ces cancers une prévention primaire ?

La réponse est oui. Celle-ci consiste à lutter impitoyablement contre l'alcoolisme et contre le tabagisme qui peut lui être associé.

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ARTAC
57/59 rue de la Convention
75015 PARIS
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Le présent module de cette formation portera l’approche clinique de quelques pathologies et le rôle de l’environnement dans leur déclenchement.

 

Jours et Lieu de formation
L’enseignement de ce module sera dispensé sur 2 jours, à savoir les 19 et 20 mai 2017, et aura lieu à Paris, au Centre Universitaire des Saints-Pères, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, salle WATSON (2ème étage).


Horaires : de 9h00 à 17h30

Participants
Le cours s’adresse aux docteurs en médecine, docteurs en pharmacie et docteurs vétérinaires, aux détenteurs d’une maîtrise ou d’un doctorat en sciences (ou équivalents) et aux étudiants de troisième cycle de sciences.
Programme

  • Formation en médecine environnementale : 9ème session les 19 et 20 Mai 2017