Qu'est ce qu'un cancer et que faire?

Un cancer peut survenir dans n’importe lequel de nos tissus, qu’il soit superficiel ou profond. Dans l’un de ces tissus, en un point localisé, les cellules se multiplient et s’organisent en tumeur.

Toutes les tumeurs ne sont pas cancéreuses. Les tumeurs cancéreuses envahissent les tissus normaux proches d’elles et leurs cellules peuvent s’échapper et migrer dans l’organisme. Ces cellules migratrices forment alors à distance de la tumeur, des colonies tumorales qu’on appelle métastases.

Il est nécessaire de déceler l’existence d’une tumeur le plus tôt possible. Dans la très grande majorité des cas, un cancer pris au début n’est pas douloureux. Mais il peut y avoir des exceptions que connaît bien votre médecin traitant.

Le cancer touche toutes les catégories de population. Il faut être particulièrement vigilant à partir de 50 ans, car c’est à partir de cet âge qu’on est le plus susceptible de développer un cancer.

Quels sont les signes d’alarme ?

Un cancer peut se manifester de différentes façons selon la nature et le siège du tissu atteint. Les signes d’alarme peuvent être :

- une grosseur palpable, apparue récemment dans l’un des seins chez la femme ou un nodule sous la peau, ou encore l’augmentation de volume ou l’induration (le fait de durcir) d’un ou de plusieurs ganglions. Ces ganglions anormaux sont appelés adénopathies. Ils roulent sous les doigts et sont le plus souvent indolores ;

- un grain de beauté apparu récemment, ou s’étant modifié récemment, ou encore saignant au contact d’un vêtement ;

- un saignement anormal : Chez l’homme ou la femme, il peut s’agir de sang dans les crachats (hémoptysie), dans les urines (hématurie) ou dans les selles (rectorragie). Ces saignements sont presque toujours indolores. Dans tous les cas, ils nécessitent des investigations complémentaires. Les rectorragies liées à un cancer digestif sont le plus souvent constituées de sang incrusté dans les selles. Elles doivent être distinguées du saignement d’une hémorroïde qui est en général non mêlé aux selles et qui s’accompagne le plus souvent de douleurs. Seul votre médecin traitant pourra faire la différence et au moindre doute vous prescrire une coloscopie.

Chez la femme, il peut s’agir d’un saignement aussi minime soit-il, survenant entre les règles ou après la ménopause. Dans les deux cas, ce saignement est appelé métrorragie. Dans tous les cas, il doit conduire à un examen gynécologique. S’il survient après la ménopause, il doit toujours conduire le médecin à rechercher un éventuel cancer de l’utérus.

- un symptôme persistant, aussi banal soit-il, tel que de la fièvre, un amaigrissement, une anémie, une toux récente qui traîne chez un fumeur, une modification de la voix (dysphonie), un blocage indolore à la descente du bol alimentaire dans l’œsophage (dysphagie), une irrégularité du transit intestinal, faite en particulier d’une alternance de diarrhée et de constipation, etc..

En cas de signes d’alarme, que devez-vous faire ?

Il faut consulter son médecin traitant le plus tôt possible. Celui-ci vous adressera au spécialiste de l’organe concerné ou d’emblée à un cancérologue (oncologue médical).

Si vous n’avez pas de médecin traitant, n’hésitez pas à demander à votre pharmacien pour qu’il vous en conseille un dans votre quartier.

Quels sont les tests et examens qui vous seront prescrits ?

Il y a deux types d’examens :

- une prise de sang pour la réalisation de certains tests chimiques ou biologiques,
- des examens d’imagerie : radios, échographies, scanners, Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), scintigraphie.

Ces tests et examens peuvent aider au diagnostic. Ils aideront surtout à localiser la tumeur, à évaluer son étendue et à savoir si elle est opérable ou non par un chirurgien.

Comment fait-on le diagnostic de cancer ?

Le diagnostic de cancer repose sur une biopsie, c’est à dire un prélèvement du tissu anormal afin de pouvoir l’analyser au microscope. Il y a selon les cas deux façons de réaliser cette biopsie : soit directement par ponction si la tumeur est superficielle, soit au cours d’une intervention chirurgicale si la tumeur est profonde. Dans les deux cas, le fragment tissulaire est alors confié à l’anatomopathologiste qui l’étudie au microscope. En principe le résultat est transmis la semaine suivante à votre médecin traitant qui vous en informera.

Comment réagir à l’annonce du diagnostic ? Comment consulter à l'annonce du diagnostic ?

Le principal est de ne pas paniquer. Le cancer est une maladie très fréquente. Chaque année, dans notre pays, près de 300 000 personnes sont concernées. Il faut croire en la guérison, car celle-ci est fréquente. Mais il ne faut pas perdre de temps et consulter le plus tôt possible un cancérologue. C’est de la rapidité du traitement qui vous sera proposé que dépend la guérison. Seul un cancérologue vous expliquera la démarche précise à suivre.

Qui consulter ?

Il faut impérativement consulter un médecin cancérologue (encore appelé oncologue médical) qui selon le cas vous confiera à un chirurgien ou vous orientera vers un radiothérapeute ou un autre spécialiste. Faites vous conseiller par votre médecin traitant.

Lorsque vous avez le sentiment que la maladie est grave ou qu’on ne vous l’a pas suffisamment expliquée, il ne faut pas hésiter à consulter un cancérologue connu et reconnu, même s’il exerce loin de votre domicile. En tout état de cause, la guérison dépend de la confiance que vous faites au médecin qui vous prendra en charge et de la qualité des traitements qu’il vous proposera.

Où consulter ?

Différents types de structure existent :

- les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC). Ils sont répartis dans les grandes régions.
- les services de cancérologie. Ils existent dans la majorité des Centres Hospitalo-Universitaires (CHU) ou dans les Centres Hospitaliers des grandes villes.
- les cliniques privées. Elles disposent de blocs opératoires et certaines d’entre elles sont équipées de centre de radiothérapie et de chimiothérapie.

Ce n’est pas le type de structures qui compte, mais la qualité des traitements qu’elle propose et le sérieux des équipes qui l’animent.


N’hésitez pas à contacter l’ARTAC, si vous souhaitez que l’on vous indique les structures de prise en charge les plus proches de chez vous.

La prise en charge de la maladie par la Sécurité Sociale

Le cancer fait partie des Affections de Longue Durée (ALD) qui sont prises en charge à 100% par la Sécurité Sociale. Dès le diagnostic établi, votre médecin traitant ou le cancérologue que vous avez consulté doit obligatoirement faire une demande de prise en charge à 100% à la Sécurité Sociale.

S’il paraît exister un lien entre le cancer et votre activité professionnelle, il faut que vous consultiez votre médecin du travail, qui seul pourra juger si vous avez droit à une indemnisation. Pour cela, il faut que ce lien entre votre activité professionnelle et votre maladie soit établi et que le type de cancer soit reconnu en tant que maladie professionnelle. La liste des cancers professionnels est publiée. Parlez-en à votre médecin du travail.

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